Ralph Sibony
Psychologue à Paris 11
- Docteur en Psychologie -

Quand une personne est confrontée à une critique, une agression, sous quelle forme que ce soit, qui vient d’une personne qu’elle considère comme importante, elle risque de s’identifier à cette personne qui l’agresse. Allant presque jusqu’à justifier cette agression par l’idée que si on l’agresse elle y est sans doute pour quelque chose..

L’identification à l’agresseur est souvent considérée comme un mécanisme de défense : s’identifier à l’agresseur évite la douleur et la souffrance liée à l’agression. Le problème alors serait que cette identification évite à la personne de prendre la pleine mesure de l’agression et de réagir convenablement à cette agression. Elle devient en quelque sorte aveugle à l’agression.

Le mécanisme d’identification à l’agresseur trouve une origine infantile : l’enfant se soumet de façon assez naturel à l’adulte. Quand la personne n’arrive pas à se détacher de cette position infantile de soumission elle risque, une fois adulte, de maintenir cette soumission sous forme d’identification à l’agresseur.

L’identification à l’agresseur peut parfois transformer l’agressé en agresseur par simple déplacement : l’on est agressé par quelqu’un et l’on va, assez rapidement, de ce fait, agresser quelqu’un. L’identification à l’agresseur n’est pas sans rapport avec une relation sado-masochique.  La personne agressée se confine dans ce rôle en s’identifiant à l’agresseur, ce qui l’empêche de prendre conscience de l’agression. Alors elle peut continuer à tirer la jouissance et les bénéfices caractéristiques du masochiste. Elle reste attachée à l’agresseur par identification tout en subissant son agressivité : position typiquement masochiste.

Le rôle du psychologue est de faire prendre conscience à la personne de son identification à l’agresseur et des bénéfices inconscients qu’il en tire. A premier titre : l’évitement de la souffrance. Le Psychologue peut aussi expliquer et mettre en garde devant le fait de devenir soit-même un agresseur sans se rendre compte du fait qu’on le devient parce que l’on a subit une agression.