Ralph Sibony
Psychologue à Paris 11
- Docteur en Psychologie -

Le mal-être qui apparaît souvent à l’adolescence peut aller jusqu’à être accompagné d’ idées noires ou de pensées suicidaires. Ce phénomène est lié à la crise d’adolescence - une remise en cause de tous les critères de l’enfance pour pouvoir s’engager dans les critères du monde adulte. L’idée de suicide a comme but de d’échapper à la souffrance liée à ce remaniement de critères. Ce remaniement, des adolescents en témoignent  en évoquant dune angoisse, un sentiment de vide, une impression d’être perdu. L’idée de suicide aurait comme but d’échapper à tout cela. Elle peut être subite : arriver d’un seul coup puis disparaître, ou bien s’installer pendant une période.

Différentes étapes peuvent précéder le passage à l’acte : un certain pessimisme par rapport au futur et à son devenir personnel, puis arrivent les idées noires et ensuite des  pensées sur le suicide.

Heureusement tous les jeunes ayant des pensées suicidaires ne les concrétisent pas et toutes les tentatives de suicide n’aboutissent pas à un suicide.41

Une nette différence existe entre les sexes. Les femmes expriment davantage que les hommes leurs pensées suicidaires et sont plus nombreuses que ces derniers à avoir fait une tentative de suicide au cours de leur vie. En revanche, la mortalité par suicide est plus importante chez les hommes.

Si près d’une sur huit jeunes filles entre 15 et 19 ans dit avoir pensé au suicide, chez les jeunes garçons le taux de suicide des de 15 à 24 ans est quatre fois plus élevé que celui des filles appartenant à la même tranche d’âge.

Parmi les  facteurs associés aux pensées suicidaires nous pouvons citer les suivants :

  • Plusieurs types de violence : agressions sexuelles, maltraitance physique et verbale.
  • Des questionnements sur la vie qui s’emballent jusqu’à une désorientation importante du jeune.
  • La qualité de la relation avec ses pairs et camarades : l’existence de brimades, de différentes formes de harcèlement moral, notamment sur les réseaux sociaux. La qualité de la relation avec ses pairs qui se joue aussi sur le terrain de la capacité à exprimer ce que l’on pense et ce que l’on ressent. Une certaine fluidité dans les rapports sociaux est importante : l’absence d’une aisance sociale peut amener l’adolescent à avoir des idées noires.
  • La vie scolaire : l’insatisfaction et la frustration liée à l’intérêt pour les études, la façon dont le jeune expérimente l’effort à fournir dans le travail scolaire peuvent eux aussi peuvent produire chez l’adolescent des idées suicidaires.