Ralph Sibony
Psychologue à Paris 11
- Docteur en Psychologie -

La dépression

Monsieur Sibony s’est spécialisé dans la dépression suite à une thèse de doctorat sur la dépression et la solitude. Il a enseigné sur la dépression à l’Université Paris XIII et a travaillé de nombreuses années dans une clinique spécialisée dans la dépression.

Reconnaitre la dépression

Les signes précurseurs les plus fréquents d'une dépression sont : Une diminution général de l'intérêt et en particulier pour les choses qui habituellement font plaisir. L’apparition d'une humeur morose ou d'une tristesse inhabituelle, parfois sans raison. Une fatigue inexplicable et un ralentissement général de l'activité. Une anxiété diffuse qui peut augmenter dans des moments d'activités jusque là considérées comme routinières mais qui impliquent la présence d'autres personnes. Une sensibilité au bruit et à l'agitation qui deviennent du coup désagréables voir pénibles à supporter. Des troubles de l'appétit et du sommeil.

L'on peut reconnaître une dépression à partir des signes suivants :

Avoir du mal à se lever, aller au travail, parler aux gens, faire ses courses. Insomnie ou hypersomnie, perte d'appétit. Eprouver une tristesse inhabituelle que rien ne peut apaiser et qui parfois ne semble pas être reliée à quoique ce soit. Etre en proie à une douleur morale, se sentir paralysé et sans avenir. Se sentir coupé du monde ; l’environnement paraît gris et sans intérêt. Eprouver une souffrance intérieure qui est plus insupportable que toutes les souffrances endurées antérieurement.

Si l’on ressent toutes ces choses ou une partie pendant plus de deux semaines l’on est peut être en train de faire une dépression. Il est important de réagir car : Moins on attend plus on a des chances de s'en sortir rapidement. L’on peut se sentir coupable d'être déprimé et donc ajouter encore une souffrance à sa dépression. En parler permet d'alléger le poids de cette affection : l'on se sent moins seul en en partageant le poids avec quelqu’un.

Les bonnes questions a se poser

Il est important de savoir ce qu'est une dépression car non seulement il est difficile de la déceler chez soi mais aussi parce que plus une dépression est ancienne plus il est difficile de la soigner. Quand l’on n'a pas le moral, que l’on est triste, que l’on a moins d’entrain, est ce juste un « coup de blues », une petite déprime ou un signe de la dépression ? Pour vous faire une idée plus précise du sujet voici quelques questions. Vos réponses à ces questions peuvent vous aider à réfléchir et éventuellement mieux cerner votre situation. Avez-vous perdu votre entrain ? Avez-vous plus de mal que d'habitude à réaliser les actes de la vie quotidienne : faire vos courses, s'occuper de vous ou des autres ? Vous sentez-vous d'une humeur morose ou triste sans savoir pourquoi, depuis plus de deux semaines et pendant une majeure partie de la journée ? Sentez vous que le monde qui vous entoure s'est éloigné, qu'il est devenu compliqué et qu'il vous irrite ou vous fatigue ? Avez vous du mal à vous concentrer, à vous endormir ; vous réveillez vous souvent pendant la nuit ou au petit matin ? Etes-vous fatigué au réveil ? Avez-vous perdu le goût à la vie ? Totalement ou en partie ? Avez-vous tendance à vous faire de plus en plus de reproches, à vous sentir coupable ? Avez-vous pensé à vous faire du mal, avez-vous des idées noires ? Si vous répondez de façon positive à une partie des ces questions et que la situation dure depuis plus de deux semaines, il serait judicieux de consulter.

Qu’est ce que la dépression ?

La dépression n'est pas une déprime et encore moins un « coup de blues ». C'est une affection qui nécessite un traitement et une attention particulière. En la traitant avec tout le sérieux qu'elle mérite l'on peut s'éviter des souffrances importantes. Il est important de différencier la dépression du “coup de déprime” car chacune de ses affections nécessite une approche différente.

La déprime

La déprime c'est se sentir triste, morose et l'on peut même avoir des idées noires. Ces symptômes ne doivent pas durer pendant plus de deux semaines et l'on ne doit pas les éprouver durant la majeure partie de la journée. Si c'est le cas il peut s'agir d'une dépression. La déprime est, certes, gênante mais beaucoup moins que la dépression : l'on peut continuer à mener ses activités et une vie normale quoique sans plaisir et sans fournir d'efforts particuliers pour le moindre geste de la vie quotidienne (comme c'est le cas dans la dépression). La souffrance dans la déprime est moins importante et elle est plus gérable que dans la dépression.

« Le coup de « blues »

Le « coup de blues » se distingue par sa brièveté et il est moins grave que la déprime et bien sûr que la dépression. Si la déprime peut durer pendant une période, le « coup de blues » est bref : quelques heures ou un nombre très limité de jours.

En savoir plus

Les symptômes de la dépression

  • Etre coupé du monde tout en étant livré à une insupportable douleur intérieure.
  • Ressentir une tristesse inhabituelle que rien ne peut apaiser et qui parfois ne semble pas être reliée à quoique ce soit.
  • Ne pas pouvoir se lever, aller au travail, parler aux gens, faire ses courses pendant plus de deux semaines.
  • Sentir que la tristesse et la douleur morale vous paralysent, que l'on a pas d’avenir.
  • Perte d’appétit.
  • Des idées noires dont on a du mal à se débarrasser.
  • Sentiment de culpabilité.
  • Un sentiment de ralentissement accompagné souvent d'une difficulté à anticiper.
  • Des crises de larmes.
  • De la fatigue.
  • Des angoisses.
  • Senstation de fatigue et de sommeil permanente.
  • Tendance à s'isoler, l'on se sent seul, abandonné, inutile.
  • Mauvaise humeur, être à fleur de peau, agressivité.
  • Hypersensibilité aux événements en même temps que le sentiment de ne pas pouvoir y réagir correctement ; comme si l'on était vide mais hypersensible.
  • Sensation que le matin est vraiment un moment pénible et une baisse de cette pénibilité vers le soir.
  • Humeur morose.
  • Ralentissement général.
  • Diminution importante et quasi permanente de l'intérêt pour la quasi totalité des activités.
  • Fatigue ou perte d'énergie, sensation permanente de fatigue et de manque d'énergie, parfois associés à un sentiment de découragement et d'impuissance. Le repos n'atténue pas cette fatigue.
  • Insomnie ou hypersomnie.
  • Difficulté à penser et à se concentrer. Parler devient difficile et demande parfois un grand effort. L'esprit et le corps semblent être devenus lourds, rien n'est facile, léger. Réfléchir demande beaucoup d'effort, on a l'impression parfois que l'on a la tête vide, pas d'idées, rien à dire, pas d'envie.
  • Sentiment que le monde est devenu trop compliqué et que l'on y est plus adapté.

La dépression peut cacher une souffrance intérieure et l'incapacité à agir de la personne déprimée a comme objectif de ne pas réveiller cette souffrance. La dépression peut connaître des rechutes surtout quand elle survient sans raisons évidentes. Parfois, si rien n'est fait, les rechutes risquent de s'enchaîner ; les dernières rechutes pouvant être déclenchées suite à des événements de moins en moins importants.

Evaluation

Vous trouverez ici un inventaire plus complet pour évaluer un état dépressif : l’Auto-évaluation du degré de dépression de Beck. Ce questionnaire d’auto évaluation comporte plusieurs séries de quatre propositions. Pour chaque série, lisez les quatre propositions, puis choisissez celle qui décrit le mieux votre état actuel. Entourez le numéro qui correspond à la proposition choisie.

Cliquez-dessous pour vous évaluer

Les Médicaments

Ne pas confondre antidépresseurs et anxiolytiques.

Les anxiolytiques ne traitent pas la dépression mais les divers états d’anxiété, d’angoisse et les crises d’angoisse. Ils font partie des tranquillisants. Ils peuvent aussi soulager les insomnies. Leur utilisation doit être suivie de près par un médecin car ils peuvent entraîner une accoutumance et des effets secondaires indésirables tels que la somnolence.

Les antidépresseurs utilisés pour combattre la dépression peuvent engendrer des effets secondaires mais n'entraînent pas d'accoutumance. Leurs effets commencent à  se faire sentir au bout de deux à quatre semaines. Il ne faut pas arrêter le traitement sans l'accord du médecin et il est recommandé de le suivre pendant au moins six mois pour éviter toute rechute.

En début de traitement, plusieurs antidépresseurs ont comme effet secondaire l'endormissement. Cet effet de somnolence ne se manifeste pas chez toutes les personnes souffrant de dépression. Il est donc préconisé de redoubler de prudence dans les actes de la vie quotidienne afin de ne pas ajouter de complication à la dépression.

La phytothérapie vise à traiter des dépressions de faible intensité par la consommation mesurée et contrôlée d'extraits de plantes. Le millepertuis, autrement appelé herbe de la Saint-Jean, est la plus connue parmi ces plantes. Toutefois il conviendrait de faire attention à ses effets secondaires notamment la photosensasibilisation : des coups de soleil importants et une éventuelle atteinte des yeux. Sa consommation est contre-indiquée en cas de troubles immunitaires. Associé à des antidépresseurs le millepertuis peut provoquer un syndrome sérotoninergique : agitation, nausée, fébrilité, frissons, tremblement, tachycardie, palpitations, diarrhée.

La psychothérapie

La prise en charge thérapeutique de la dépression aide à en guérir. Elle s'associe éventuellement à un traitement médicamenteux, mais pas toujours. Elle permet, au début, de gérer la maladie et de réduire les symptômes puis ensuite de surmonter la dépression. Elle est efficace pour éviter des rechutes et la réapparition des symptômes.

Une psychothérapie permet d'envisager une nouvelle approche des situations. De nouvelles réponses sont données aux différentes problématiques et la personne qui souffre de la dépression, avec l'aide du psychothérapeute, peut trouver des solutions efficaces.

Les premiers effets positifs de la psychothérapie se font sentir assez rapidement. La psychothérapie de la dépression vise à favoriser une organisation de vie différente, plus saine, tournée vers l'avenir et plus optimiste.

La psychothérapie est fondée sur un échange de personne à personne, un dialogue conduit par un professionnel formé. Le thérapeute doit s'immiscer dans la situation spécifique de la personne qui souffre de dépression. Il doit accueillir la personne dans le sens le plus profond du terme, s'abstenir de porter un quelconque jugement, puis chercher à aller au fond des choses et au delà de la limite où la personne déprimée peut aller toute seule. Le thérapeute est tenu au secret professionnel.

Continuons sur les antidépresseurs

Les antidépresseurs visent à réduire de façon significative les symptômes de la dépression, à ramener le sommeil, l'appétit et l'humeur à leur état d'avant la dépression. Ils réduisent et font disparaître la souffrance intense, si caractéristique de la dépression, et rendent la vision globale de la vie plus positive. Ils commencent à agir  au bout de deux à quatre semaines. Le traitement médicamenteux de la dépression doit être continu.

Leur action dans le cerveau

Il existe plusieurs modes d'action des antidépresseurs qui permettent de les répertorier en différentes « familles ». Le médecin traitant la dépression peut avoir recours à tel ou tel antidépresseur selon l'intensité de la dépression, les effets secondaires indésirables et l'efficacité d’action. L'arrêt du traitement doit se faire de façon graduelle, sous la surveillance du médecin, afin éviter toute rechute. Les symptômes de la dépression peuvent réapparaître si la durée du traitement est trop courte ou si la prise des antidépresseurs est interrompue d'un seul coup.

Les grandes familles des antidépresseurs

Les antidépresseurs les plus utilisés aujourd'hui sont les Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine, les ISRS. Le médicament le plus connu dans cette catégorie est le PROZAC. Il en existe d'autres tels que : le Zoloft, le Déroxat, le Séropram et le Séroplex. A l'exception du Déroxat, tous ces médicaments ne font pas prendre du poids. Ils peuvent provoquer des effets secondaires indésirables tels que des nausées, des maux de tête, de la somnolence, une diminution de la libido ainsi que des troubles sexuels.

Ces médicaments agissent sur la dépression en inhibant la recapture de la sérotonine par les neurones. Ce faisant, le taux de la sérotonine dans les synapses se voit augmenter. Ce mécanisme produit des effets positifs sur la dépression et contribue à la disparition de tous ses symptômes.

L'association de ces médicaments au Lithium - qui est un thymorégulateur efficace dans le cas de la psychose maniaco-dépressive – ou au millepertuis (autre antidépresseur) peut provoquer un syndrome sérotoninergique : transpiration, tachycardie, diarrhée, frissons, nausées, tremblements.

Les Inhibiteurs de la Monoamine Oxydase (les IMAO)

Les IMAO ont comme action d’empêcher l’enzyme appelé monoamine-oxydase de détruire différents neurotransmetteurs. Ainsi ils augmentent le taux de sérotonine, de dopamine et de noradrélanine – ce qui fait diminuer de façon significative la dépression.

Les IMAO sont souvent prescrits si d’autres antidépresseurs, notamment les Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine, n’ont pas d’effet sur la dépression.

Il existe deux types de IMAO : les IMAO sélectifs et réversibles et les IMAO sélectifs et non réversibles qui sont considérés comme plus efficaces.

LES IMAO non réversibles s’accrochent plus longtemps à leurs récepteurs que les IMAO réversibles d’où leur regain d’efficacité.

Les IMAO sélectifs ne bloquent qu’un seul type de monoamine-oxydase alors que les non sélectifs les bloquent tous.

Le IMAO commercialisé en France est le le nardil-nardelzine. Il est recommandé lors d’une prise de nardil-nardelzine d’éviter l’alcool, les poissons fumés, certains abats et les fromages à pâte molle pour parer à l’hypertension. 

Les thymorégulateurs

Ils ont comme but de stabiliser l'humeur dans le cas de la psychose maniaco-dépressive en réduisant l'amplitude des variations entre l'épisode dépressif et l'épisode maniaque (excitation exagérée). Il est recommandé de ne jamais cesser le traitement, et cela pour éviter des rechutes.

Les anxiolytiques

Ce sont des tranquillisants qui ont comme but de soulager l'anxiété, les crises d'angoisse, et de faciliter l'endormissement.

Les hypnotiques

Ce sont des somnifères qui facilitent l’endormissement, et qui aident à retrouver un sommeil régulier quand ils sont pris pendant un certain laps de temps. Certains tranquillisants comme les benzodiazépines sont des somnifères (des hypnotiques).

Les associations de médicaments

Dans certaines dépressions très fortes, un délire peut survenir. Il est alors possible d'associer à l'antidépresseur un neuroleptique qui agira favorablement sur le délire.

Globalement l'on évite d'associer des médicaments aux antidépresseurs car cela risque de diminuer l'efficacité des antidépresseurs, mais aussi pour ne pas augmenter les effets secondaires.

En début de traitement, en cas d'insomnie, l'on peut ajouter à l'antidépresseur un tranquillisant somnifère.

Les différentes dépressions

Il existe plusieurs sortes de dépressions dont chacune exige une approche différente.

Le type de dépression peut dépendre de l'âge ou d'un événement marquant voir traumatisant.
Les médicaments qui peuvent être efficaces dans la dépression réactionnelle ne le seront pas dans la dépression saisonnière, d'où l'importance de faire le bon diagnostic. La dépression chez l'enfant se manifeste de façon, en outre, différente que chez l’adulte et nécessite une approche différente.

D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la dépression est un trouble courant qui touche 350 millions de personnes et qui deviendra d'ici 2020 la deuxième cause d'invalidité à travers le monde après les troubles cardiovasculaires. En France, au moins 8% de la population entre 15 et 75 ans ont été touchés par la dépression. Il existe plusieurs types de dépression puis « L'épisode dépressif caractérisé » dont nous parlons ailleurs. Définissons brièvement les autres formes de dépression.

Cette dépression se produit essentiellement à l'arrivée de l'hiver (elle est assez rare et quasiment inexistante dans les contrées où il n'y a pas de changement de saisons c'est-à-dire vers l’équateur). Dans sa forme la plus légère elle peut être traitée par la luminothérapie. Elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. La dépression saisonnière doit être distinguée de la baisse de l’humeur à l’approche de l’automne ou de l’hiver qui n’est pas une maladie mais une sensation générale de morosité, une « baisse de régime » mêlée à une certaine tristesse.

La dépression réactionnelle est une forme de dépression déclenchée soit par un événement qui a marqué, voire traumatisé, la personne soit par l’accumulation d’une pression psychique qui finit par devenir insupportable.

Au cours d’une telle dépression l’on constate une humeur triste, parfois accompagnée de crises de larmes, une dévalorisation de soi, des conduites d’échec, des signes d’anxiété, une fatigue, le sentiment que tout est inutile, des difficultés d’endormissement ou de l’hypersomnie. Cette tristesse est sensible au réconfort venant de l’entourage. L’humeur au cours de cette dépression est fluctuante et a tendance à se dégrader en fin de journée. Cette dépression réagit plutôt favorablement aux antidépresseurs et à la psychothérapie. La dépression réactionnelle ressemble à la dépression caractérisée mais elle se présente de façon moins grave. On peut donc y trouver aussi des symptômes tels que le ralentissement moteur et psychique.

Les symptômes, qui se manifestent dans la période après l'accouchement, sont quasiment identiques à ceux de l'épisode dépressif majeur. Il s'agit là d'une dépression importante, parfois très grave, différente du « Baby blues » qui, lui, se manifeste par une sensation modérée de déprime.

Le « Baby blues » est davantage le sentiment de ne pas pouvoir répondre aux exigences de la nouvelle situation. La jeune mère éprouve des doutes, une certaine anxiété. Le « Baby blues » est plutôt fréquent et se distingue nettement de la dépression post-partum.

Les symptômes de l'épisode dépressif majeur semblent envahir la personnalité et s'installent à demeure, souvent sous une forme affaiblie. La personne dysthymique a l'impression d'avoir toujours été déprimée, témoigne d'une perte de goût à la vie et à ses activités. Elle peut être irritable, « ruminer » le passé, se sentir triste, avoir des sentiments d'insuffisance, être pessimiste. La dysthymie peut durer de nombreuses années et si elle est traitée elle peut perdre de sa force voire disparaître. La dépression chronique est une manifestation plus forte des symptômes de la dépression que la dysthymie. Son traitement, le même que celui de la dysthymie, peut contribuer à atténuer les symptômes de la dépression, prolonger les périodes de rémissions, voire faire disparaître la dépression.

Des symptômes caractéristiques de la dépression apparaissent en même temps que des symptômes typiques de l’anxiété sans que l’on puisse décider si la personne est plutôt déprimée ou plutôt anxieuse.

Tremblements, palpitations, sentiments d’angoisse, étourdissements, peur de l’inconnu ou du lendemain, oppression dans la poitrine, agitation intérieure, nervosité exagérée - tout ou une partie de ces symptômes se manifeste en même temps que des symptômes plutôt modérés de la dépression. A la différence de la dépression caractérisée l’on notera, par exemple, l’absence d’idées suicidaires, de grande souffrance morale, de forte culpabilité. Les troubles de la dépression caractérisée sont non seulement plus importants que  ceux du syndrome anxio-dépressif mais ils sont aussi plus nombreux.

Cette maladie est caractérisée par l'alternance d'une période dépressive et d'une période maniaque dans laquelle la personne est surexcitée et ne peut être calmée. Cette surexcitation se traduit par la capacité à rester éveillée des nuits entières, le besoin de parler sans cesse et le risque de dépenser son argent de façon incontrôlée parfois en faisant des chèques sans provision.

Des épisodes de dépression et des épisodes maniaques peuvent se suivre pendant de longues périodes. Sur le plan médicamenteux cette maladie spécifique n'est pas traitée par des antidépresseurs mais par d'autres médicaments stabilisateurs de l'humeur dits thymorégulateurs tel le lithium.

La dépression chez l'enfant peut prendre la forme de « Dépression masquée ». Les symptômes perceptibles chez l'adulte sont beaucoup moins présents chez l'enfant et la dépression se manifeste à travers des comportements d'irritabilité, d'instabilité ; par des difficultés à se concentrer, une diminution subite des résultats scolaires. L'on peut aussi noter un retrait important par rapport aux activités, l'école et la vie familiale. Lorsqu’un enfant annonce qu'il a envie de se tuer alors que par ailleurs tout semble aller plutôt bien, une telle déclaration entre dans le cadre de la dépression masquée.

Les symptômes perceptibles chez l'adulte peuvent se manifester chez l'adolescent. En même temps, les comportements déviant, les prises de risque excessif, la consommation importante d'alcool ou de stupéfiants peuvent être des signes de dépression.

L'adolescent en pleine mutation a du mal à identifier et à définir ses difficultés et préfère lutter contre elles par des attitudes et conduites alarmantes pour l'entourage. L'on peut noter aussi un retrait par rapport à la vie de façon générale, des situations de forte provocation, une violence physique ou verbale, un manque de concentration et une humeur agitée. L'adolescent ne demandant le plus souvent aucune aide encourt des risques supplémentaires de ce fait.

Chez la personne âgée les symptômes de la dépression peuvent se manifester selon le spectre de l'épisode dépressif majeur mais ils sont plus difficile à déceler en raison d'une éventuelle diminution de sa vigilance tant sur le plan physique qu'intellectuel. Par ailleurs il y a le risque d’accepter un peu plus facilement que les personnes âgées soient fatiguées ou tristes. Alors, nous risquons de passer à coté de signes de dépression surtout chez les personnes qui n'ont pas tendance à parler d'elles-mêmes ou à se plaindre. La dépression chez la personne âgée n'est malheureusement souvent pas son seul mal. Repérer la dépression est alors un exercice plus compliqué car une autre maladie peut occuper le devant. Concernant le traitement de la dépression, il devra être savamment articulé à celui de des autres maladies ou affections.